| L'histoire |

Sur une plage des Iles Dahlak en Erythrée, une femme de la tribu Afar m’a tendu ses bijoux réalisés à base de coquillages. Dans le désert qui borde Massawa, je suis tombée en arrêt devant les colliers tissés de perles par les femmes d’une tribu nomade. Au Mozambique, une Suissesse ayant largué la vue sur le lac Léman, m’a confié : « Ici, si tu oeuvres de tes mains avec patience et dévotion, tout est possible ». Elle créé et fabrique ses bijoux avec des artisans locaux.

 

Gestes millimétrés, bruit, odeur, la scène m’a ramenée trente ans en arrière quand ma mère, couturière, confectionnait des robes de taffetas, de soie, embellies de broderies et de dentelles, parfois ornées de perles et exposées dans notre salon, le temps qu’elle les livre elle-même à Paris. Quand je l’accompagnais dans les ateliers de haute couture, j’ouvrais grand mes yeux de petite fille sur le travail des modélistes, coupeuses, couturières donnant forme et vie aux étoffes. Nous filions ensuite à Barbès dans le magasin Tati où nous coudoyons les femmes africaines en boubous à la recherche de fanfreluches bon marché. Mon souvenir a toujours associé la simplicité de ces femmes et mon goût du bel ouvrage. Il me souffle que les belles choses n’échappent jamais complètement aux petites mains qui leur donnent vie.

Après avoir passé dix ans à jongler entre mon agence de communication digitale et les obligations quotidiennes, je me suis résolue à changer d'air.

Loin des open space et des écrans, mes voyages m’ont mené du Mozambique en Erythrée, de Jamaïque en Birmanie.

Le déclic m’est venu en Croatie. Mes parents en sont originaires et j’y passe tous mes étés. En me promenant dans les ruelles de Sibenik, je rencontre une créatrice qui et fabrique des vêtements inspirés de la tradition croate: ils sont en toiles de lin épaisses et broderies utilisées traditionnellement pour des nappes. La magie de la confection qui a bercé mon enfance est là. 

Puis je croise à Split la styliste française Emilie Renard. Dans ses petits ateliers, elle créé des collections intimistes avec vue sur l'Adriatique. Elle est l’exemple qu’il me fallait. C’est décidé, je me lance...

Brigitte Dekovic, fondatrice

| L'inspiration |

J’ai toujours aimé les objets merveilleux.  

Dans la première boutique où ils s’offraient, je n’avais qu’à poser les yeux pour qu’ils m’ appartiennent.

 

C’était un livre d’images empli de personnages fabuleux et de contrées étonnantes. Mes pages préférées racontaient l’histoire d’un naufragé recueilli par l’équipage d’un trois-mâts qui avait aperçu le scintillement bleu vert de son collier d’aigue-marine. A ses sauveteurs qui lui demandaient d’où provenaient ces gemmes miraculeuses, il répondit qu’elles lui avaient été cédées par une sirène échouée sur le rivage.

 

Plus tard, je lus que les Grecs de l’antiquité considérait les diamants comme les larmes des Dieux ou des poussières d’étoiles. J’en tirais une fascination pour les pierres et me forgeais la conviction que choisir un bijou c’était consentir à sa légende.

 

Celui ou celle qui le porte redonne vie aux mille récits que murmure son éclat. Durant mes voyages, j’ai retrouvé ce credo chez les artisans touaregs, berbères, amérindiens, africains, indonésiens qui fabriquent des pièces intemporelles inspirées par la nature et les mythes, grâce à un tour de main transmis de génération en génération.

| Nos collections |

 Au fil des voyages et des rencontres, j'ai affirmé le style bohème chic avec des créateurs venus de France, d’Amérique du Nord, du Japon, d’Ibiza, d’Inde, de Bali…J’ai privilégié les petites séries, le travail fait-main, le laiton, l’argent massif, les pierres naturelles.

La boutique n’attendait plus que d’accueillir ses propres collections. Je m’y décidais après avoir vu à l’œuvre des artisans à Jaipur en Inde. Ils coulent, façonnent, sculptent avec virtuosité. A la précision de leurs gestes, s'associent la noblesse des métaux, la splendeur des pierres.

 

J'imagine les modèles qu’ils réalisent à la main selon des techniques séculaires. Leurs formes magnifient la pierre de lune, la chrysoprase, les onyx, l’aigue-marine, les améthystes, les citrines, les turquoises. Sur du laiton massif et de l’argent, ces pièces cultivent la sobriété, l’authenticité et la modernité. L’air du temps souffle sur le vintage et l’art déco.

Depuis peu, une collection de bijoux en or 9, 14 et 18 carats sertis de pierres précieuses complète notre gamme : diamants polki, rubis et saphirs. Un luxe que j’ai voulu abordable, même si les histoires qu’il raconte n’ont pas de prix…

Le showroom

L'aventure a commencé à Toulouse en 2018.

 

Après avoir lancé la boutique en ligne, le showroom a ouvert ses portes au 6, rue Riquet entre la Halle aux Grains et le quartier bohème de St Aubin.

 

Le lieu a été pensé comme un écrin où chaque objet, chaque meuble a été chiné et raconte son histoire.

 

Nous y présentons nos collections de bijoux de créateurs et d'artisans rencontrés au cours de nos voyages. Une capsule de mode aux accents bohèmes, des sacs ethniques chic complètent la sélection...

Des mots...

Je me promène sur le pont dans mon complet blanc acheté à Dakar
Aux pieds j'ai mes espadrilles achetées à Villa Garcia
Je tiens à la main mon bonnet basque rapporté de Biarritz
Mes poches sont pleines de Caporal Ordinaire
De temps en temps je flaire mon étui en bois de Russie
Je fais sonner des sous dans ma poche et une livre sterling en or
J'ai mon gros mouchoir calabrais et des allumettes de cire
de ces grosses que l'on ne trouve qu'à Londres
Je suis propre lavé frotté plus que le pont
Heureux comme un roi
Riche comme un milliardaire
Libre comme un homme.

 

Blaise Cendrars