Carnet de voyage | Mozambique : tudo bem!

Mis à jour : avr. 15

Tudo Bem ! C’est ainsi que les habitants du Mozambique au large sourire et à l’hospitalité joyeuse vous souhaitent la bienvenue.


Bordé par l’océan indien avec des plages et des sites naturels spectaculaires, le Mozambique a le charme d'un voyage du bout du monde en marge du tourisme de masse, offrant un patchwork d'influences africaines, arabes, indiennes et portugaises.

Loin de l’effervescence bouillonnante de la capitale Maputo, il règne une atmosphère particulière parfois mystérieuse où l’on peut goûter à la solitude sur des plages de rêves et flâner dans des villages décatis, fantômes du passé portugais.


Notre voyage ne sera pas dénué d’aventures. Le pays sorti d’une guerre civile de 16 ans en 1992, fait partie des pays les plus pauvres d’Afrique.


Maputo, capitale moderne et vrombissante


Notre voyage commence à Maputo, la capitale qui bouillonne d’activité et d’effervescence. Ici les marques internationales ont envahi les rues et les façades des immeubles. La ville est une grande métropole moderne où survivent quelques édifices coloniaux décatis. Il y règne un certain désordre ambiant lié à sa circulation très dense et chaotique, et à ses marchés de rues cosmopolites où il se vend de tout et de rien. Après avoir passé la nuit dans la charmante guesthouse Duqueza, nous débutons notre visite par le grand marché coloré de Xiopamanine où l’on trouve des objets artisanaux, des crevettes séchées servies dans des cannettes de soda décapitées, des maillots de foot, des paniers, des noix de cajou, des épices, des fruits et légumes de toutes sortes dont certains me sont inconnus.



Puis nous partons à la découverte de la ville et de ses trésors architecturaux.

Nous faisons halte à la gare centrale qui a été conçue par Gustave Eiffel. Le temps semble s’être arrêté, les trains et les employés figés dans l’immobilité…La nonchalance à l’africaine sans doute !


Nous continuons notre exploration dans le temps et croisons d’étonnants bâtiments aux alentours de la gare : La Casa de Ferro, un ancien fort Portugais dans le quartier historique, des beaux théâtres art déco dont la célèbre « Scala » et le cinéma Vicente qui sont figés « dans leur jus » depuis des lustres. Impossible de faire l’impasse sur l’église Notre Dame de Fatima au style art déco monumental et épuré ainsi que l’église San Antonio à l’architecture très avant gardiste qui fait penser à un presse citron.





Nous poursuivons notre promenade à la recherche de pépites coloniales. Nous tombons en arrêt devant la villa Algarve, magnifique bâtisse coloniale décatie et tapissée de somptueux azulejos. La villa semble abandonnée ; nous entrons pour faire des photos et nous nous retrouvons bientôt cernés par des dizaines de squatteurs qui jaillissent des entrailles de la maison. On me déleste prestement de mon portefeuille de touriste imprudente, mais avec le sourire…Tudo bem !


Notre taxi tuk tuk nous promet de goûter au poisson le plus frais du monde et nous conduit au marché aux poissons « Mercado de Peixe ». Les étals offrent un spectacle inouï de couleurs et de variétes de poissons, de coquillages et de crustacés dont beaucoup sont vivants. Nous achetons langoustes, poissons et calamars que nous faisons préparer par un des chefs dont les échoppes sont attenantes au marché. L’attente est longue, mais ça valait le coup, un pur régal !




Tofo, cap vers les plages paradisiaques


Le lendemain, cap vers le nord en voiture à Tofo où nous séjournons dans un joli bungalow avec vue sur l’océan. Tofo est l’endroit le plus touristique de notre parcours du Mozambique. En juillet, qui n’est pas la haute saison, il y régnait tout de même une certaine quiétude. Le soleil se couche à 17h30 et nous profitons d’un coucher de soleil incroyable dans un ciel parsemé d’innombrables nuages néons, de plages désertes où les enfants jouent autour des épaves abandonnées, et du spectacle de quelques pêcheurs au crépuscule.





Inhambane, dans les pas de Vasco de Gama


En un saut de puce, nous rejoignons la ville d’Inhambane et nous faisons un bond arrière dans le temps. Pas de gratte ciels modernes ici, la paisible petite ville est un bijou d’architecture art déco et coloniale.




Inhambane fut le point d’accostage de Vasco de Gama. Il apprécia tellement le lieu qu’il le nomma « Terra de boa Gente », la terre des gens doux, surnom encore tout à fait approprié. Nous passons devant le cinéma Tofo, le Teatro Nina, le Railway club ouvert bien qu’aucun train ne soit plus en activité, le petit port de commerce avec ses bateaux colorés… Les écoliers sirotent des sodas dans la rue, les bâtiments ont des couleurs pastels délavées par les années ; tout est si calme, la ville a un charme fou. Ici, nous pouvoir entrevoir la diversité culturelle et les différentes influences amenées par les bantous, les négociants arabes, les aventuriers portugais dans le sillage de Vasco de Gama, les marchands indiens de Goa. Nous nous arrêtons devant la jolie mosquée Velia que mes 2 compagnons sont invités à visiter moyennant de vêtir une djellabah. Etant une femme, je dois attendre à l’extérieur. Décidément, on se sent tantôt en Afrique, tantôt en Europe tantôt dans un pays arabe !



A Vilanculos, situé à 4h de route plus au nord, nous faisons une excursion en dhow dans l’archipel de Bazaruto, sur l’île principale qui est dominée par d’énormes dunes et entourée d’eaux cristallines turquoises. Nous sommes seuls au monde et goûtons à cette tranquillité absolue coupés des réseaux et des écrans. Nous n’avons pas eu la chance de voir les baleines comme le promettent les guides touristiques.




Nous continuons notre route vers le nord, destination Beira. Ca commence mal, notre chauffeur arrive avec une heure de retard. Fernando est très mal en point et nous comprenons qu’il a fait de gros excès dans la nuit. Soit il roule au ralenti, soit il se prend pour Fangio poussant le gros 4x4 dans les tours et faisant des embardées sur la route cabossée. Le stress monte…Une panne mécanique nous ralentit encore mais le système D à l’africaine fait des miracles, et nous repartons avec pas mal de retard. La route est longue et difficile mais cela nous donne l’opportunité de découvrir le bush, les paysages de terre rouge et les petits villages traditionnels.


Alors que nous sommes au milieu de nulle part dans la nuit noire, et encore assez loin de Beira, notre chauffeur – ce n’est vraiment pas son jour - nous annonce qu’il a oublié de faire le plein à la dernière station. La panne d’essence est imminente. Panique à bord, je ne me vois pas du tout passer la nuit en pleine brousse dans le 4x4 sachant que le pays n’est pas sans danger. Seule solution de Fernando : prier ! La chance sera avec nous : notre chauffeur arrive à dégoter un bidon de gazole stocké par des villageois aux abords de la route. Patience et témérité sont 2 qualités recommandées pour découvrir le Mozambique par la route… Beira ne sera qu’une étape. Nous prenons un vol intérieur pour rejoindre l’aéroport de Nampula et de là nous prenons un taxi.



Ilha de Moçambique, nostalgie coloniale & saudade


Au bout d’un pont interminable, apparaît Ilha de Moçambique, l’ancienne capitale oubliée, ville de pierre et de chaux, conquise par les Portugais au 16ème siècle et qui devint la principale escale commerciale entre Lisbonne et Goa. Les portugais y construisent des palais, des églises, des couvents, des forts, ce qui lui vaut d’être inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. Nous déambulons dans les ruelles presque désertes où nous imaginons les silhouettes du passé dans ce décor abîmé par le temps et sans trace de modernité.







Les maisons abandonnées du quartier colonial ont des airs de La Havane teintée de saudade portugaise. Les édifices religieux sont reconvertis en administrations, le vaste hôpital néo classique est squatté par les familles démunies. Au sud de l’île, Macuti, abrite les quartiers populaires autrefois habités par les esclaves. C’est un labyrinthe de ruelles, où vivent 15000 personnes dans des constructions rudimentaires aux toits de feuilles de palmier, là où toute la vie de l’Ile se concentre. Nous y croisons des femmes au visage recouvert de Mussiro, pâte blanche qui les protège du soleil ; des enfants jouent avec une petite balle à une sorte de base ball. Nous dégustons des samoussas et rissois dans les bouis bouis de fortune.




A la tombée de la nuit, le balai des pêcheurs dans leurs boutres bariolés rentrant à la lumière des feux de joie allumés sur la baie, donnent une atmosphère quasi mystique à l’île.



L’ile n’est pas très fréquentée par les touristes mais il y a quelques guesthouses de charme. Nous logeons dans une maison d’hôte, somptueuse demeure coloniale restaurée. L’hôte me réserve la chambre qui donne sur le gigantesque roof top de la maison. Avec une caïpirinha, le cocktail incontournable, je profite d’une vue époustouflante à 360° sur l’océan indien, Stone Town et le palais de Sao Paulo. Un de mes meilleurs souvenirs de voyage…





Au petit matin, nous partons explorer l’île de Goa à quelques encablures dans un boutre appelé Titanig. Encore des paysages de cartes postales à perte de vue, qu’aucun touriste ne vient perturber. Nous nous hissons au sommet du phare de l’île pour admirer la vue époustouflante de la nature sauvage.





Ibo island, l'île fantôme


Cap vers Ibo Island toujours plus au nord. Nous nous rendons à l’aéroport de Pemba où nous embarquons dans un petit Cessna 4 places. Nous survolons des eaux turquoises cristallines aux incroyables nuances de bleu parsemées de dunes de sable blanc. Au dessus de l’archipel des Quirimbas, la mangrove est luxuriante, les plages sont magnifiques et totalement vierges.



Nous atterrissons sur une piste de terre. Un petit comité d’accueil assoupi attend les rares voyageurs dans la hutte qui fait office d’aéroport. On nous mène en mobylette, valise sur l’épaule, à notre guesthouse.


Ibo a des airs d’île fantôme. Les maisons coloniales abandonnées et dévastées prennent des airs surnaturels sous le ciel orageux. Le port des esclaves, les anciens forts accentuent cette impression d’île hantée. Le lieu est chargé d’histoire et de drames.



Notre périple touche à sa fin. Nous retournons à Maputo, et nous faisons une dernière ballade dans la banlieue proche. Nous y croisons Astrid, une Suissesse qui a tout largué pour installer un atelier de fabrication de bijoux à base de corne. « Ici, si tu oeuvres de tes mains avec patience et dévotion, tout est possible », me confie-t-elle, entourée des artisans locaux avec lesquels elle crée et fabrique. Le spectacle de ces passionnés maniant des outils rudimentaires me fascine tout autant que les trésors qu’ils façonnent. Cela attise mes envies et ce voyage sème les prémices d’un nouveau départ professionnel. La boutique en ligne The boho society proposant, bijoux africains, bijoux ethniques traditionnels et bijoux d'artisans du monde entier verra le jour quelque temps plus tard...


Pour en découvrir plus sur cette destination, faites un tour sur la galerie de photos d'Eric Lafforgue. Paysages à couper le souffle et superbes portraits : http://www.ericlafforgue.com/gallery/Countries/Mozambique





Textes & photos : Brigitte Dekovic, fondatrice the boho society


Maputo : Guesthouse Duqueza de Connaught

Tofo : Baia Sonambula http://www.baiasonambula.com

Ilha de Mocambique : Guesthouse Terraço das Quintadas http://www.terracodasquitandas.com

Ibo Island : Guesthouse Miti Miwiri http://mitimiwiri.com/

Beira : Jardim das Velas http://jardimdasvelas.wixsite.com/jardimdasvelas/home

LAM : vols intérieurs Mozambique

CFA : vols intérieurs Mozambique (petit avion jusqu’à Ibo)


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